Parfois une contre-courbe fait pendant à une courbe dans les cadrages. Les éléments de la photo se mettent alors à se répondre…
Parfois ce sont les courbes de photos entre-elles qui échangent à des milliers de kilomètres les unes des autres comme le battement d’ailes du papillon génère une onde qui se propage jusqu’au bout de la terre selon la mécanique quantique. Il y a un ressort de la courbe et de la contre-courbe qui est sans doute le moins exploré de la technique du cadre dans une culture photographique dominée par la composition rationnelle ordonnée de droites.
Si notre regard occidental est calibré par la perspective et son mouvement élancé de la ligne de fuite tendue vers l’infini où elle se précipite, la courbe et la contre-courbe guident le regard vers l’intérieur. Elles contribuent à en compenser l’aspiration par un pli culturel. Parentes du cercle et de la rotation, elles sont conservation, unification qui invitent à la concentration, à l’intériorisation et à la méditation. Elles participent au contrebalancement d’une pensée de régentement et de conquête, d’extériorisation et de dispersion dont le cadrage est un miroir, dont la position exclusive est délétère pour l’esprit, la pensée, l’existence de l’humain et de son avenir. « Nous n’aimons pas tout ce qui fait perdre la raison, nous aimons tout ce que la raison nous fait perdre » André Breton.
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