Ils sont arrivés imperceptiblement voire sournoisement, créant chez nous une accoutumance à leur présence…
Ils ont chassés les pigeons qui régnaient alors et fortement contraint les moineaux dans quelques pauvres bosquets de parcs où ils se terrent. Ils dominent maintenant la ville.
Cela faisait quelques années que je regardais leur vigoureux balai des matins d’hiver parfois renouvellé en fin de journée. Pendant une vingtaine de minutes, ils ne sont que gerbes d’envols coassantes dans une sorte de sarabande endiablée avant de se réunir sur un toit dédié d’où ils surplombent la ville puis de se disperser vers leur poste d’observation.
Bien entendu le film Les Oiseaux vient à l’esprit. Mais ses corbeaux arrivent dans la journée à la faveur d’une comptine alors que ceux observés -en réalité des corneilles- se répandent depuis un clair-obscur. Les corbeaux véhiculent l’imaginaire taciturne de l’inquiétude accompagnée par les horizons infernaux et les ciels couverts ou blafards des petits matins. Le voile noir de leur vol donnant l’impression de nuées de drones de combat à l’assaut résonne avec les événements mondiaux peu rassurants qui prolifèrent non sans une certaine rigueur en essaimant leurs déséquilibres internationaux comme l’œuvre de Hitchcock a pu refléter l’angoisse liée à la guerre froide.
Voir –