Depuis sa géologie spectaculaire et son érosion vertigineuse jusqu’à la conquête de l’ouest et la ruée vers l’or, le plateau du Colorado et ses alentours mènent au cœur de l’histoire et de l’âme américaine…
Ce sont les sculptures naturelles d’Arches Park qui ont offert la Delicate arch devenue l’emblème de l’Utah, les cheminées de fées de Bryce Canyon qui content les métamorphoses extraordinaires des lieux ou le miracle de Zion sauvé par sa rivière du plein désert, découvert et habité par les Mormons.
C’est la terre vivante des amérindiens et anciens pueblo dont descendent les tribus indiennes avec des sites aussi ingénieux que mystérieux, des pétroglyphes, des pictogrammes et le Newspaper Rock, pierre d’inscription depuis les anciens basket makers jusqu’aux nouveaux arrivants européens.
C’est l’immensité incarnée du Grand Ouest qui s’étire dans un horizon de 100 miles au Canyonlands National Park avec des pistes tracées par les pionniers et les colons, élargies par les puissants trucks nécessaires à l’extraction de l’uranium réclamé par la guerre froide et où aujourd’hui les 4×4 de plaisance s’aventurent par des pentes abruptes vers l’histoire. Une immensité qui se retrouve dans une tonalité différente au Grand Canyon long de 450 km pour une largeur maximale de 30 et jusqu’à 1600 mètres de profondeur, au fond duquel le Colorado se fraye son lit, visité par plus de 4 millions de personnes par an, toujours habité par des autochtones et dont les strates géologiques racontent à ciel ouvert l’histoire du continent nord-américain.
C’est la ballade vers les chercheurs d’or et les banques, les transporteurs de fonds et les attaques, les règlements de compte et les bourgades perchées à plus de 2500 mètres d’altitude aux décors rendus familiers par les westerns : une main street bordée de magasins, de saloons et de bâtiments victoriens devant lesquels les 4×4 ont remplacé les chevaux.
C’est aussi l’endroit de la naissance de la bombe atomique et sans doute d’autres expérimentations à réjouir le diable.
Et au bout du plateau, c’est la route 66 filant vers l’ouest, la Mother Road qui, en reprenant à partir de 1926 le chemin de l’expédition Fitzgerald Beale de 1857 vers la Californie, mena les fermiers des Raisins de la colère vers les champs d’orangers en quête de main d’œuvre. Celle qui entraîna après la seconde guerre mondiale et le boom de l’automobile toute une économie de bord de route avec les stations-services, les garages automobiles, les magasins de pneus, les motels, restaurants et fast-food ancrés dans le style des fifty’s et des sixty’s. Celle qui a modernisé le « go west « . Celle qui a cristallisé le road trip aux racines plongeant dans la conquête de l’Ouest et popularisé par Easy rider.
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