J’ai été surpris par les vaches du Charolais venant me voir à la clôture, aussi curieuses qu’ interrogatives. Elles me scrutaient jusqu’à ce que mon regard fléchisse sous la constante intensité du leur parfois marqué d’amertume, de rancoeur, de suspicion ou de mépris.
Parfois un brun espiègles, irrévérencieuses voire déjantées, elles se laissaient aller à se moquer de l’individu de l’autre côté de la haie. En 15 ans d’errance campagnarde, combien ai-je croisées de ces conviviales mais parfois dérangeantes interlocutrices ? Une vie de pâturage avec un temps en stabulation l’hiver avant de monter au bout de quelques années dans un camion à clair voies vers la destination finale alors que certaines de leurs attitudes laissaient entrevoir leurs ancêtres libres et sauvages.
Mes copines ne m’ont-elles pas dit leur conscience d’être prisonnières et victimes de leur domestication avec une insistance témoignant d’intempestifs retours d’un refoulé douloureux ?
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